La concession d'aménagement 

La commune de Grenade-sur-l’Adour a signé, le 19 septembre 2025, une concession d’aménagement de 3 millions d’euros, pour une durée de 15 ans, avec la SATEL. 

Notre opposition à ce projet n’est ni idéologique, ni systématique.
Elle repose sur une analyse  du contrat, de son annexe financière, et sur un retour d’expérience local .

Ces éléments conduisent à un constat clair :
cette concession fait peser un risque financier majeur et durable sur la commune, sans contrepartie suffisante.

Nous souhaitons réduire le périmètre pour ne réaliser que les aménagements des places des Tilleuls et Magnolias, et autofinancer ce projet, pour un montant d'environ 1 million d'€ beaucoup plus réaliste.

Détaillons sur cette page, précisémment pourquoi:

Une concession qui laisse l'intégralité du risque financier à la commune

Comme indiqué dans le préambule et en article 1 du contrat de concession, le contrat signé avec la SATEL ne transfère aucun risque financier. La conséquence est simple, tout dérapage financier des dépenses, ou toute recette prévue non encaissée fera supporter à la commune un coût complémentaire, donc à nos impôts.

C'est exactement le même schéma qui a conduit la mairie d'Aire sur l'Adour à payer l'aménagement d'un lotissement, et à devoir assumer en fin de projet, une dette de 1.7 M€ envers la SATEL car les recettes prévues n'étaient pas au niveau du prévisionnel.

Le budget SATEL détaillé, les dépenses:


Le projet est divisable en trois pôles:

- L'aménagement de la place et du parking qui représente un peu plus d'un million d'euros y compris études, honoraires, frais et assurances.  Nous détaillerons le cahier des charges et ses  enjeux, mais nous soutenons totalement le principe de redonner un peu d'éclat à la place et d'agrandir le parking des magnolias.
- L'acquisition et l'aménagement du bâtiment à côté de l'église. Pour 540 000€,(Immeuble Dupouy)  avec un chiffrage qui parait faible et n'intègre pas le coût du passage et une rénovation faible. Notons que la mairie a d'ores et déjà financé l'acquisition d'appartements dans l'immeuble en fonds propres pour 250 000€.
- L'acquisition et l'aménagement du bâtiment jouxtant la pharmacie pour y faire deux commerces et trois appartements (immeuble Lamothe).

Toutes ces dépenses approximatives peuvent bien sûr déraper dans un contexte d'inflation  et de travaux non chiffrés (passage notamment).

Les recettes prévues dans le budget de la SATEL cumulent le loyer de la commune, des subventions prévues par l'État, le département, la communauté de communes et même l'Europe.

À cela s'ajoute les ventes prévues des logements et des commerces réhabiliter dans le cadre des deux opérations de bâtiment.

Le contexte national et local va donc influencer fortement le projet. La DETR qui doit financer le projet voit ses subventions nationales baisser de 200 millions d'euros dans le projet de loi de finances 2026! L'immobilier est moribond, et le coût des travaux ne cesse de progresser. Le modèle économique mis en avant actuellement n'a aucune chance de tenir, d'autant que certaines dépenses ont été éludées (passage au rez de chaussée du bâtiment Dupouy notamment).

Il faut bien comprendre que le contrat de concession ne prévoit aucun transfert de risque financier au concessionnaire. C'est-à-dire que tout écart même d'un seul euro entre le prévisionnel, et le réalisé, sera à supporter par la commune. Les communications consistant à faire croire que le concessionnaire partage les risques, qu'ils supportent des charges sont fausses et trompeuses.

En cas de modification, les loyers de la commune augmenteront, c'est à dire qu'ils représentent un minimum! Et si la concession présente un solde négatif car les subventions ne sont pas obtenues, les ventes non réalisées ou les dépenses de travaux supérieures au prévisionnel, il faudra payer l'écart. Comme Aire-sur-l'adour qui doit aujourd'hui 1.7 millions d'euros à la SATEL pour une concession signée en 2007.